| Sujets : Alléluia pour une femme-jardin/ Compère Général Soleil / L'été / Tam-Tam 1 / Des citations pour Maman / L'île lointaine |
Alléluia pour une femme-jardin (René Depestre)
(choisi par Lana)
Pénétrons l'intimité d'êtres, avec ce texte parsemé de délicieux moments érotiques.
"J’allumai à mon tour ses pieds, ses mollets, ses genoux, ses cuisses, et son pubis somptueux. Puis je m’attardai à ses fesses pleines, rondes et pleines, qui tournaient comme un phare à double foyer solidaire de mes caresses. Egalement, chacun de ses seins se révéla à mon toucher un monde en abrégé qui reflétait le fabuleux univers de Zaza. Soudain ma soif chercha avec fureur les hormones fraîches de sa beauté, à la source même, fou que j’étais de goûter à Zaza. Et ma langue s’affina pour marques les secondes du temps lumineux de son […]" (page 30)
Quatrième de couverture :
La tante Zaza, à la beauté légendaire, emmène son jeune neveu en vacances à la campagne. Il a seize ans et, ingénument, elle lui fait partager son lit. L'inévitable se produit. Zaza, plus tard, périra dans un incendie, mais son souvenir adorable restera vivant. On retrouve dans ces dix nouvelles la même vervé caraïbe, le même érotisme heureux qui appartiennent à l'auteur du Mât de cocagne.

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Compère Général Soleil (Jacques Stephen Alexis)
(choisi par Lana)
Avec ce roman, de mon auteur haïtien préféré, je continue sur la lancée du tam-tam, du tambour. Témoin, libérateur, de peines comme de joies.
"En Haïti, tous les tambours parlent la nuit. On voudrait tant qu'ils s'en aillent à jamais, qu'ils crèvent, le tambour triste, les tambours maladifs, les tambours lancinants et plaintifs, les tambours qui mettent en transe et en crise, les tambours qui demandent pardon à la vie. Chaque nuit, la misère et son désespoir font battre le coeur des plaintes, le tambour chauve et déchirant du Vaudou et de ses mystères... Mais chaque jour, triomphant, le tambour de vie s'arrache une place, le tambour gai, le joyeux tambour yanvalou, le tambour riant du congo, les hauts et clairs tambours coniques qui chantent la vie. Et, dans ce devant-jour malsain gluant de clartés sombres, seul un tambour noir parle comme si l'ombre elle-même hoquette de peur." (page 8)
Résumé (4e de couverture) : Hilarius Hilarion, jeune nègre infortuné de Port-au-Prince, vole pour manger. La police l'attrape et le rosse. Il se retrouve en prison, où il fait la connaissance d'un militant communiste qui lui apprend que les maîtres américains privent les nègres de toutes les bonnes choses de la terre. A sa sortie de prison Hilarion est communiste. Il se marie avec Claire-Heureuse qu'il a connue sur la plage, et qui lui donne un enfant. Hilarion connaît enfin la joie. Pas pour longtemps, hélas ! Des assassins fascistes le tuent. Il meurt en plein soleil.

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L' été
(choisi par Candy)
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Il brûle tout, hommes et choses,
Dans sa placide cruauté.
Il met le désir effronté
Sur les jeunes lèvres décloses ;
Il brille, le sauvage Été,
La poitrine pleine de roses.
Roi superbe, il plane irrité
Dans des splendeurs d'apothéoses
Sur les horizons grandioses ;
Fauve dans la blanche clarté,
Il brille, le sauvage Été.
Théodore de Banville (1823 - 1891)
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Tam-Tam 1
(choisi par Lana)
à même le fleuve de sang de terre
à même le sang de soleil brisé
à même le sang d'un cent de clous de soleil
à même le sang du suicide des bêtes à feu
à même le sang de cendre le sang de sel le sang des
sangs d'amour
à même le sang incendié d'oiseau feu
hérons et faucons
montez et brûlez
Aimé Césaire
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Des citations pour Maman
(choisi par Lana)
"Amours de nos mères, à nul autre pareil". (Albert Cohen)
"Il n'y a aucune recette pour devenir une mère parfaite, mais il y a mille et une façons d'être une bonne mère." (Jill Churchill)
"Oh ! L'amour d'une mère ! - amour que nul n'oublie ! (...) Chacun en a sa part, et tous l'ont tout entier !" (Victor Hugo)
"Entre toutes les femmes, il n'y a de vrai que notre mère" (Maurice Barrès)
"Le chef-d'oeuvre de Dieu, c'est le coeur d'une mère" (Gréty)
"Les hommes tiennent le monde. Les mères tiennent l'éternel qui tient le monde et les hommes." (Christian Bobin)
"On peut avoir des frères, des seurs et des amis à foison mais on n'a qu'une seule maman… et quand on est maman, rien ne compte plus que ses enfants !" (Evene.fr)
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L'ILE LOINTAINE
(un choix de Tsk)
Je suis né dans une île amoureuse du vent
Où l'air a des senteurs de sucre et de vanille
Que bercent, au soleil du tropique mouvant
Les flots tièdes et bleus de la mer des Antilles.
Sous les brises, au chant des arbres familiers,
J'ai vu des horizons où plantent des frégates
Et respiré l'encens sauvage des halliers
Dans ses forêts pleines de fleurs et d'aromates.
Cent fois je suis monté sur ses mornes en feu
Pour voir à l'horizon la mer splendide et nue,
Ainsi qu'un grand désert de sable bleu,
Border la perspective immense de la nue.
Contre ces souvenirs en vain je me défends.
Je me souviens des airs que les femmes créoles
Disent au crépuscule à leurs petits enfants,
Car ma mère, autrefois m'en apprit les paroles.
C'est pourquoi toujours mes rêves reviendront
Vers ces plages en feu ceintes de coquillages,
Vers les arbres heureux qui parfument ses monts
Dans le balancement des fleurs et des feuillages.
Daniel Thaly (poète martiniquais)
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